A Paris se joue une pièce de théâtre macabre dont vous êtes les acteurs...
 
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 Señorita

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Ady Jonzac

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MessageSujet: Señorita   Ven 2 Mar - 18:05

Un cabaret. Une boite de strip-tease.
« Seigneur, bien sûr que je ne suis pas certaine de ton existence, et que j’ai renié ta parole en étant une mutante. Mais étais-tu vraiment obligé de me faire subir cette épreuve ? »
Voilà les pensées de notre petite Adeline, plantée devant les locaux de l’établissement auquel on l’avait assignée pour le ménage.
Un cabaret. Des filles nues, ou presque. Des hommes…avec des regards louches. Qui la regarderait, elle-aussi. Oh, Seigneur, par pitié…
Bien sûr, Ady ne se faisait pas d’illusions : aucun homme sain d’esprit ne pourrait s’intéresser à elle, mais s’ils fréquentaient ce genre d’endroits, c’est qu’ils étaient de mauvaises personnes. Elle imaginait déjà le patron, la patronne, peu importe son sexe. Cet endroit était un ramassis de débauchés, de déviants…
Mais pourquoi c’était sur elle que c’était tombé ? Elle aurait du se renseigner avant d’accepter cet endroit, quelle idiote !
Ady soupira : elle n’avait pas le choix, n’est-ce pas ? La jeune femme ôta donc la capuche qu’elle ne quittait jamais quand elle sortait - bouclier oblige - rangea son petit mp3 dans sa poche et aplatit ses cheveux. Elle avait beau n’être qu’une femme de ménage, elle ne tenait pas à arriver de manière totalement débraillée à son boulot…son jean informe et son sweat trop large portant déjà atteinte à l’image de marque de la société pour laquelle elle travaillait. Mais mince à la fin, elle venait pour faire le ménage, pas pour plaire au client !
Prenant son - petit - courage à deux mains, Ady s’avança d’un pas peu assuré vers le cabaret, dont elle poussa la porte d’entrée avec appréhension.
_ Bo-bonjour ?
Vu la puissance vocale de sa voix, il n’était même pas sûr que quelqu’un à côté d’elle ait pu l’entendre, alors plus loin... Ady entra à petits pas, ne sachant pas quoi faire, pour changer un peu. Il serait vraiment temps qu’elle arrive à dépasser cette foutue timidité. Personne n’allait la bouffer, bon sang ! Elle était juste là pour le ménage, pas pour autre chose.
Et d’ailleurs…
Y avait pire que se faire bouffer…
Ady frissonna violemment en essayant de penser à autre chose. Ce n’était pas le moment de faire une crise de parano, son patron allait sûrement venir pour voir ce qu’elle fabriquait, et trouver sa future employée en train de flipper n’était pas un bon point. Pour elle, bien évidemment.
La jeune femme tenta de se concentrer sur la musique qu’elle entendait vaguement, mais rien n’y fit. Rien qu’imaginer le pire qui pouvait lui arriver lui ôtait tout idée sensée de la tête. Inutile d’espérer raisonner clairement dans ces cas-là. Et ça y est, elle était fichue. Le patron allait lui gueuler dessus d’être aussi stupide, la renvoyer d’où elle venait, et son responsable allait l’enguirlander une fois de plus. Si encore c’était la première fois qu’elle faisait une crise d’angoisse, mais c’était déjà la troisième fois…
Elle allait se faire virer, perdre son boulot, elle n’aurait plus d’argent, comment mamie et elle allaient pouvoir vivre ? Et puis, sa vie serait détruite, si elle passait entre les mains de ces hommes horribles qui hantaient les quartiers malfamés de Paris. Arriverait-elle à s’en relever si ça arrivait ? Est-ce que c’était si horrible que ça ?
La jeune fille se mit à tordre ses mains avec angoisse, les larmes lui montant déjà aux yeux. Au lieu d’arriver à se contrôler, elle imaginait des scénarios de plus en plus noirs, de plus en plus terribles ? Pourquoi ne pouvait-elle donc pas s’en empêcher ? Et puis, non, elle n'allait pas pleurer, quand même ? ! C'était pas le moment !
Piétinant sur place - autre signe de sa nervosité - Adeline ne fit absolument pas attention au bruit de pas qui s’approchait d’elle.
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Narcisse Roméa
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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 2 Mar - 19:01

- Chers compagnons, j'ai à vous faire part d'une grande et merveilleuse idée !
- Tant que ça va rien nous coûter...

Silence. "Eh merde !" aurait pu être écrit sur les murs, comme une onomatopée.

- C'est bon là, j'ai compris. Vas-y, envoie toujours.
- On entame notre deuxième année de FAC, on risque d'être de plus en plus pris par le boulot.
- Et flemmard avec ça. Tu commences mal, Barry.
- Ta gueule Narcisse.
- Merci Benj'. Bref, il faut bien demander aller demander de l'aide autour de nous.
- Merci d’entacher notre nom de famille.
- Venant de la personne qui ramène des clodos tous les jours...
- Faut que t'arrête avec ça, mon vieux. Passe à autre chose.
- Vous deux, vous commencez pas.
- Sérieux, on a pas de quoi payer des aides supplémentaires !
- De toutes façons, ça se discute pas, la décision est prise. Et la candidature retenue.
- Qui que quoi ? Pardon ? Avant de me demander mon avis ?
- Mais toi tu es toujours contre, et tu préfèrerais te laisser crever de faim juste pour faire ton "warrior".
- Certes. Mais avoue que c'est un style de vie honorable.
- Bref. La femme de ménage arrive ce soir, 18 heures. Oublie pas.
- Vous j'vous préviens, c'est même pas la peine de rentrer, ce soir.
- T'inquiète on a les clefs.

#Clak# Putain de... Okay, je vous laisse deviner la suite. Non mais attends quoi ! A six heures (couché depuis une heure, certes), les traîtres ! Eux c'est leur habitude de vie pour aller en cours, mais bon sang, le style de vie du patron c'est de faire la fermeture et de se coucher entre 4 et 5 heures ! Et là, dans cet état misérable du mendiant du sommeil, ils profitent de cet état de faiblesse pour lui annoncer ça ! Pourquoi une femme de ménage en plus ? Jusqu'ici ils s'étaient très bien débrouillés à trois ! Bon d'accord, c'était pas nickel chrome, mais c'était loin d'être insalubre ! Pas besoin de voir des étincelles... Et puis d'abord, quel sexisme de dire "femme de ménage" !

Ouais gagné, en fait Narcisse s'énervait pour un rien volontairement. Six heures du matin, bon sang... Et puis c'était vrai dans le fond : ils avaient pas les moyens ! L'époque était mauvaise pour les affaires, plus encore pour celles qui ne sont pas agrées par l’Église. Et dire que c'étaient eux qui n'arrêtaient pas de se plaindre et de s'inquiéter des ventes et revenus ! Ils avaient couché avec cette femme de ménage ou quoi, pour la pistonner à ce point ? Raaah, ennuis en perspective... Rendormons-nous, on verra ça après. Tiens, faudra penser à changer la serrure avant ce soir aussi...


18 heures. Bon, pensa l'aîné en regardant la pendule. Peut-être qu'en lui expliquant qu'il s'agit d'une erreur, elle acceptera de repartir sans dédommagement. C'était cliché, mais l'image de la vieille peau ridée de 50 ans avec tablier et chat noir lui collait dans la tête, lui arrachant un rire mauvais. Quoi, on pouvait bien se foutre des gens dans nos tête, ça n'allait gêner personne ! En plus, vu l'énormité du cliché, ça ne se pouvait pas, ça n'existait pas des gens comme ça ! Et puis si c'était le cas, ce genre de nana foutrait vite le camp en brandissant une croix face aux activités du lieu... Était-elle seulement au courant ? Bah, elle s'en rendrait compte d'elle-même. Eh, mais si elle était croyante ? Une inquisitrice ? Ses frères étaient assez réglo de ce côté-là, ils étaient certes du côté neutre et refusaient de se mêler à tout ça, mais ils n'iraient jamais dénoncer qui que ce soit, même pour la plus belle pute de Paris ! N'empêche, une tête étrangère, qui allait tout asticoter dans les moindres recoins s'avérait risqué... Entre un coup de balais en moins à faire et la protection des opprimés de Paris, Narcisse savait quoi abandonner ! C'était décidé, on allait rembarrer cette bonne femme fissa !

C'est bon, le problème est résolu ! Allez hop, allons nous habiller, pour au moins la remballer dans les règles la miss ! Une pince dans les cheveux, talons, mini-jupe, chemisier, maquillage, perfect ! ... Oui parce que bon, c'est pas pour une parfaite inconnue qui va rester cinq minutes qu'il ne faut pas être présentable. Et puis ça va, hein. C'est pas comme si c'était un bikini. Rien d'affriolant, sa garde-robe contenait des trucs bien pires. Et puis, il faut bien honorer l'établissement, et c'est le devoir d'une femme de se faire belle ! (même si Narcisse ajoutera volontiers pour sa défense que c'est le devoir des hommes aussi). Alors que le stade en était au peaufinement, la porte d'entrée s'ouvrit, et le son de cette vieille porte grinçante atteint les vestiaires empruntés comme une sonnette de porte d'entrée. Et oui, sonnette gratuite, elle est pas belle la vie ? Bon eh bien, allons-y, et finissons-en vite !

... Oh. Son pas perdit en rythme à peine la silhouette aperçue de loin. Bien sûr que le coup de la vieille madame croyante et méchante concierge était un cliché mais... on avait fini par y croire... un tout petit peu... Qu'elle ne fut pas sa surprise d’apercevoir une petite blondinette toute timide, toute maigrichonne, toute pâle qui pleurnichait. C'est comme ça, on y peut rien. Narcisse a toujours eu un cœur en or massif, pour son plus grand malheur. Définitivement, c'était le genre de mademoiselle impossible à rembarrer aussi sèchement pour qui a l'ombre d'un cœur ! Et puis, elle pouvait pas être dangereuse... Ah non, trop de fois les inquisiteurs avaient profité de sa bonté ! Et on a pas les moyens ! ... Mais quand même... Pourquoi est-ce qu'elle pleurait en plus ? Et puis là, toute tremblante sur le seuil, dans un rayon de soleil... Oh putain merde, improvisation !

- Bonjour !

Un sourire. Obligé. J'vous l'dis, ce genre de personne on ne peut pas les rembarrer méchamment. ZIS IZ NOT POSSIBEUL.

- Désolée c'est fermé pour l'instant, alors il n'y a que moi. C'est vous qu'on a appelée pour le job de femme de ménage ?

Déjà, fallait bien s'assurer que c'était elle. Elle était peut-être perdue, la pauvre. Elle en avait l'air en tout cas.

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Ady Jonzac

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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 2 Mar - 20:07

Respirer.
Calmement, profondément, et surtout, surtout, discrètement et en silence, pour ne pas ameuter les blouses blanches avec la camisole. Adeline se savait totalement idiote, mais les exercices de respiration étaient un bon moyen de se calmer, elle avait lu ça dans un des magasines féminins qu'elle lisait autrefois. Enfin, c’était ce qu’ils prétendaient, les magasines, elle n’avait jamais trop compris les bienfaits d’une respiration calme, parce que leur truc, ça marchait pas du tout.
Oh, et elle avait vite arrêté, ce genre de torchons, c'était pour les jolies filles, les adolescentes en fleur, mais pas pour les espèces d'androgyne loupés et grande perche comme elle...C'était incroyable comment les filles dans ces bouquins avaient toujours des seins énormes...des cheveux brillants et soyeux...des yeux magnifiques…des peaux parfaites...Quand elle pensait au foutu acné qu'elle s'était tapé jusqu'à ses 23 ans, Ady en grinçait presque des dents.
Ce n'était pas vraiment le moment de penser à ce genre de trucs, même si elle devait admettre que toutes ces futilités noyaient petit à petit son angoisse. Elle était loin d’être futile, elle ne s’habillait jamais avec coquetterie, ne se maquillait encore moins, mais penser à ces choses qu’elle trouvait inutiles la calmaient beaucoup plus efficacement que cet imbécile d’exercice de respiration. Qui sait, elle allait peut-être arriver à se reprendre avant l'arrivée du patron ?
_ Bonjour !
Loupé. Bon, Ady en était sûre maintenant, Dieu ne l'aimait pas. Mais alors, pas du tout. 'Fin, quoi, elle avait jamais rien fait de mal, pas à s'en souvenir du moins. Dans une vie antérieure, peut-être ? Mais y avait prescription ! Et pourquoi elle était devenue mutante aussi ? Ok, c'était cool d'avoir des pouvoirs magiques et tout, mais son pouvoir à elle était pas vraiment joyeux-joyeux, on avait vu mieux...On avait aussi vu mieux, niveau héroïne de magical girls ou de fictions. Elle n’avait vraiment pas le profil pour. Ni encore moins le physique…
Avec courage, Adeline tourna ses grands yeux humides vers la voix qui l'avait interpellée.
Woh.
Pensée très intelligente, qui traversa alors l’esprit de la jeune femme.
Qui était cette femme ? Une strip-teaseuse ? Ce qu’elle était belle…Ses cheveux soyeux couleur chocolat ondulaient autour de son visage, dans une coupe classe, ni trop longue, ni trop courte, ses yeux étaient aussi comme du caramel et pailletés d‘or, sa peau était claire et sans défauts visible, elle était parfaitement maquillée…Ses vêtements étaient certes un peu vulgaire - Ady n’oserait jamais, jamais, jamais porter une jupe aussi courte - mais ils lui allaient à merveille. La perfection faite femme.
Elle était presque aussi belle qu’une célèbre actrice des années 60, qu’Adeline adorait. Certes, ces films dataient d’un autre temps, mais Ady en raffolait, et elle passait souvent des soirées à les regarder avec sa grand-mère.
Bien sûr, ce genre de femmes lui renvoyait toujours en pleine figure à quel point elle était moche et fade. Mais, ce n’était pas sa faute à elle, et puis, merde quoi. C’était une strip-teaseuse, sûrement, elle n’avait rien à lui envier, au moins Ady était réglo.
Le sourire de la femme en face d’elle état éblouissant. Aurait-elle été attirée par les femmes - bien qu’elle ignorait si elle l’était ou pas - qu’elle se serait pâmée sur place. Mais bon, elle était là pour le ménage, pas pour s’extasier sur la beauté d’une bonne femme de passage.
Il était à noter l’incroyable défilé de pensées d’Adeline. Il s’était à peine écoulées trois minutes depuis qu’elle avait posé les yeux sur l’apparition qui l’avait saluée. Sa timidité reprenant le dessus, elle fixa obstinément un point situé quelque part derrière la femme et murmura un tout petit bonjour à peine audible. Il fallait bien qu’elle soit polie, puisqu’elle devait sûrement déjà être cataloguée dans la catégorie « pitoyable ».
_ Désolée, c’est fermé pour l’instant, déclara la femme d’une voix exquise. Alors, il n’y a que moi. C’est vous qu’on a appelée pour le job de femme de ménage ?
Adeline leva brièvement les yeux vers son interlocutrice, les baissa aussitôt, puis se remit à triturer ses doigts, horriblement mal à l’aise.
_ O-oui, murmura-t-elle précipitamment. Mais je…je m-m’excuse pour mon comportement et…je, je veux pas vous apporter d’ennuis…je vais m’en aller, je suis désolée…On vous enverra quelqu’un de plus qualifié que moi, j’espère que vous n’en tiendrez pas rigueur à ma société…
Flot de parole, quand elle était trop stressée, Adeline se mettait à parler sans s’arrêter, s’affairant à débiter le plus de trucs possible en un minimum de temps. Bien sur que ses explications n’étaient pas claires, entrecoupées de balbutiements et murmurés à voix très, très basse. Mais elle n’était pas capable de faire autrement. Mortifiée, et sans même attendre la réponse de la jeune femme, elle tourna rapidement les talons pour s’en aller le plus vite possible.
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Narcisse Roméa
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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 2 Mar - 20:53

- O-oui. Mais je…je m-m’excuse pour mon comportement et… je, je veux pas vous apporter d’ennuis… je vais m’en aller, je suis désolée… On vous enverra quelqu’un de plus qualifié que moi, j’espère que vous n’en tiendrez pas rigueur à ma société…

Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qu'elle nous fait, là ? Où est la logique ? Elle a mal prise une parole ? Une erreur quelque part ? Le patron n'aurait pas dit à voix haute ce qui lui avait traversé l'esprit il y a 20 minutes ? Sérieusement... Pourquoi venir, puis repartir directement ? Encore, si elle avait cassé un truc, dit une connerie ou autre... Mais non. "Bonjour ?" "Bonjour !" "Ah, bonjour ! Désolée je m'en vais faites comme si vous m'aviez pas vu !". Bon sang...

- Hop hop, une minute ! J'vais pas te manger, tu sais...

Si on prend le sens plus ou moins caché de l'expression, ça devenait presque logique comme précision. Presque. Non, mais franchement, la blondinette ne croyait tout de même pas que c'était une entremetteuse ? Une violeuse ? Les gens de nos jours croient vraiment n'importe quoi... Enfin. Sans doute que ce n'était que des idées. En tout cas, pas question de laisser s'enfuir une jeune fille en pleurs. Tant par honneur personnel que pour la réputation de la maison. Narcisse a une conscience, et le but c'est comme tout le monde de la garder bonne... Alors sa main, par réflexe, agrippa la demoiselle par le col. C'était brutal, certes, mais il n'y avait pas trente-six façons de rattraper quelqu'un. Et puis, si elle avait eu un petit mal de gorge occasionnel, ça lui donnerait au moins le temps de prendre la parole.

- Écoute, personnellement je veux bien t'engager.

Ce qu'il ne faut pas entendre ! Et dire qu'il y a deux minutes, son seul but était de la faire déguerpir. Mais raaah ! Vous ne l'avez pas vue ! Qui peut résister à une grande timide tristounette ! Et puis, c'est pas sa faute à la pauvre. Sauf que voilà, si on la renvoie, forcément elle va le prendre pour elle. Et un true men, ça ne renvoie pas une jeune fille en pleurs ! ... Oui ? Narcisse n'est pas un true men ? Mais c'est tout comme ! N'importe qui peut être un true men ! Bref.

- Par contre, il faut juste qu'on parle un peu salaire...

Grincement. Aïe aïe aïe, dans cet état il était impossible de lui refuser quoique ce soit... Faites que ça ne les ruine pas davantage !

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Ady Jonzac

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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 2 Mar - 22:11

La femme avait juste eu le temps de paraître estomaquée avant qu’Ady se décide à filer, sans demander son reste. De toute façon, elle était déjà grillée, alors inutile de s’attarder plus longtemps…Ady savait peut-être se rendre pitoyable comme personne, mais malgré tout, elle avait sa fierté, certes bafouée plus souvent qu’à son tour, mais quand même présente. Et elle en avait marre d’être cette idiote de pleurnicharde qui ne servait à rien et qui n’était capable de rien.
_ Hop hop, une minute ! J’vais pas te manger, tu sais…
A peine les paroles de l’inconnue prononcées qu’Adeline se sentit chopée dans délicatesse par le col. Ça couplé avec l’élan qu’elle avait pris pour filer - et elle était sacrément douée pour ça - et elle faillit finir étranglée. Lamentable comme fin, elle aurait préféré mourir en sauvant des enfants d’un monstre affreux…habillée d’un costume super classieux et avec des couettes…Non, ne pas commencer à délirer, c’est vraiment pas le moment.
D’ailleurs, qu’avait dit cette fille, là ? Qu’elle n’allait pas la manger ?
Ady se tourna vers la femme qui l’avait capturée, les yeux écarquillés. Non, certes, elle n’allait pas la manger, loin de là…Etonnant, elle avait lu dans ses pensées ou quoi ? C’est exactement ce à quoi elle avait songé avant de tomber dans sa crise d’angoisse et de déprime mensuelle…hebdomadaire…quotidienne…? Bon, ok, elle avait ces foutues crises d’angoisse au moins une fois par heure, elle n’était même pas sûre qu’il y avait un adjectif pour ça. Cependant, la coïncidence amusa Adeline, ce qui la calma presque définitivement. Elle était toujours très gênée, mais un sourire légèrement amusé étira ses lèvres.
La suite effaça ce vague sourire, mais pas en mal. Elle fut saisie de l’ahurissement le plus total quand la jolie femme poursuivit :
_ Ecoute, personnellement, je veux bien t’engager...
Ah ? Après le fiasco de sa présentation ? Après sa pitoyable démonstration ? Après…Ady était à court d’idées. Et puis, ça voulait dire quoi, que cette femme était le patron ? Oh, c’est qu’elle correspondait tout à fait à l’image qu’on pouvait avoir d’un cabaret. Mais n’empêche, une femme ? Ady était admirative, au moins, des femmes comme celle qui se tenait en face d’elle relevait le niveau qu’elle baissait considérablement.
_ Vous me prenez ? Demanda-t-elle, incapable de croire à sa chance. Vous voulez bien m’engager ? Vraiment ?
Non, elle n'en faisait pas trop, enfin, si, un peu, mais elle avait déjà été déçue trop de fois pour prendre le risque de se réjouir trop vite.
_ Par contre, il faut juste qu’on parle un peu salaire…
Adeline n’en revenait pas. Elle avait pleuré, frôlé l’hystérie, essayé de filer sans même s’expliquer et cette femme souhaitait encore la garder ? Où était la blague ? La caméra cachée ? Ce n’était pas possible, un truc pareil ne pouvait pas lui arriver à elle. Et pourtant ? C’était possible ? C’était pas juste dans les feuilletons ? Ça avait beau être un cabaret, c’était quand même un boulot. Il lui suffirait de se faire discrète et tout irait bien non ? Elle allait tout faire pour ne pas décevoir la gérante de l’établissement, elle se le jura.
Cependant, il restait un dernier détail à régler…
_ Et euh, pour le salaire, c’est avec ma société qu’il faut voir…dit-elle de sa toute petite voix. Mon patron vous l’a pas dit…?
Elle devait être au courant, le patron devait lui avoir dit, c’était quand même dans le contrat qu’elle avait dû signer…Ou alors, c’était pas elle qui avait signé, elle avait pris la décision et une de ses secrétaires avait dû faire le reste. C’était tout à fait possible.
Un peu plus détendue qu’à son arrivée au cabaret, Adeline avait, sans s’en rendre compte, perdu toute idée de s’enfuir.
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Narcisse Roméa
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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 3 Mar - 15:09

En face, la demoiselle n'avait pas l'air d'en revenir, ce qui, vu la logique qu'elle semblait posséder, n'était pas vraiment surprenant. Mais tout de même... S' "ils" avaient demandé une aide pour le ménage, ce n'était pas pour la rembarrer sitôt qu'elle aurait franchit le seuil de la maison...

Comment ça, c'était précisément ce qui lui serait arrivée si elle n'avait pas l'air aussi malheureuse et timide ? Ce n'était qu'un détail, et elle ne pouvait pas le savoir... N'est ce pas ?

- Et euh, pour le salaire, c’est avec ma société qu’il faut voir… Mon patron vous l’a pas dit… ?
- Eh bien disons simplement que... Je n'ai pas vraiment eu mon mot à dire dans cette histoire.

Le regard fuyant, Narcisse faisait référence à ses frères. Enfin, si le salaire avait déjà été discuté, ça devait être une somme raisonnable. Après tout, eux aussi étaient très concernés par leurs problèmes d'argent, de faillite, et n'étaient certainement pas du genre à jeter de l'argent par les fenêtres. Et puis, il y avait toujours moyen de s'arranger avec la société... Quelques billets gratuits, peut-être... ? C'est pas comme s'ils ne savaient pas faire du charme après tout, qui que soit le "client"... Qu'il en soit un ou non, d'ailleurs.

Tout d'un coup, la jeune fille revint dans son esprit. Merde, fallait pas qu'elle se fasse des idées... Tant que sa logique demeurait insondable, il allait falloir la jouer serrée, précise, claire et concise. En espérant qu'elle ne trouve pas ça trop haché et agressif...

- Enfin ! Ne te fais pas d'idées, ça ne veut pas dire que je remet ta venue ici en cause !

Enfin si mais bon. C'était il y a vingt minutes, ça.

- Et puis bon, c'est pas si grave. L'important c'est que tu sois là et que tu fasses du bon boulot. T'inquiète pas, on est pas trop exigeants ici.

De toutes façons, elle n'aura pas trop de mal à faire mieux, ou tout du moins aussi bien qu'eux. Surtout qu'on pouvait pas attendre du service quatre étoiles, au prix que le patron espérait que ses cadets aient payé. Tant que ça faisait ça en moins à faire...

- C'est ta première fois, ou tu sais déjà un peu y faire ?

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Ady Jonzac

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 3 Mar - 19:02

_ Eh bien, disons simplement que j’ai pas eu mon mot à dire dans cette histoire.
La patronne détournait les yeux, ce qu’Ady put remarquer en lui jetant un regard rapide, sans trop s’attarder néanmoins. Ça voulait dire quoi, ça ? Elle était pas seule patronne et c’était son ou ses associés qui avaient pris la décision ? Ou alors, cette fille n’est pas le patron, juste quelqu’un pour l’accueillir ? ‘Fin bref, peu importe, elle devait quand même voir ce qu’elle devait faire, si elle était embauchée, il fallait qu’elle travaille. Là, elle était prête pour deux heures de ménage, pas question de lambiner. Elle était payée pour faire le ménage, pas pour bavarder avec le patron ou un employé ou qui que ce soit d’autre.
Ady était comme ça, elle n’aimait pas fainéanter, et donnait toujours beaucoup d’elle, même pour une tâche aussi peu attirante que le ménage.
_ Enfin ! S’exclama la femme. Ne te fais pas d’idées, ça ne veut pas dire que je remets ta venue ici en cause !
Oui, non ? Elle n’était pas pour avoir une femme de ménage mais elle acceptait qu’elle soit là ? Ça voulait dire quoi, que c’était la femme du patron, alors ? Peut-être…
Enfin, de toute façon, quelle importance ? Ady n’était là pour faire la liste des employés, avec les liens maritaux, fraternels, etc. en prime. Elle était là pour le ménage, zut à la fin. Qu’elle ne laisse pas cette conversation la distraire !
_ Et puis bon, c’est pas si grave, poursuivit la femme. L’important, c’est que tu sois là et que tu fasses du bon boulot. T’inquiète pas, on est pas trop exigeants ici.
Ady acquiesça, un peu déroutée : oui, oui, elle allait faire de son mieux, c’est pas comme si elle avait pas l’habitude, à force. Parce que bon, le ménage, elle s’y connaissait, elle avait quasiment jamais fait autre chose de sa vie. De nos jours, avec juste un bac en poche, surtout à Paris et avec cette époque sombre, on avait pas beaucoup le choix, ni la possibilité de faire la fine bouche. Ady se trouvait chanceuse d’avoir déjà un travail payant.
_ Je vous remercie, dit-elle de sa petite voix.
Genre, elle ne pouvait pas monter un peu le volume. Qu’elle parle bas ou quoi, ça changeait quoi ? Mais Adeline était comme ça, elle était incapable de hausser la voix, sauf en présence de personnes en qui elle était vraiment en confiance. Et la liste ne comportait qu’une seule personne. Et comme de faire le ménage ne nécessitait pas de parler beaucoup.
_ C’est ta première fois, où tu sais déjà un peu y faire ?
Ade se redressa légèrement : là, au moins, on était sur terrain connu, elle savait où aller.
_ C’est pas ma première fois. J’ai déjà cinq ou six ans d’expérience derrière moi, j’ai travaillé un peu partout, je sais y faire. Dites-moi juste de quoi vous souhaitez que je m’occupe et je tâcherais de ne pas vous décevoir.
Non, parce que ça plairait pas au patron. Elle avait déjà eu l’exemple avec une fille, un jour, le client avait porté plainte qu’elle foutait rien. Elle avait été remerciée aussitôt. Ady ne tenait pas à suivre cet exemple, elle tenait à son travail, elle n’était pas si mal payée que ça.
Ady se souvint de sa période, quand elle avait travaillé à l’Elysée. C’était juste trois semaines, à l‘occasion d‘une réunion dont elle n‘avait pas compris le but, mais c’était cool, elle avait vu le président en vrai et tout. Elle avait même joué avec ses filles, deux bouts de chou totalement adorables de quatre et sept ans. Elle aimait beaucoup se rappeler de cette période, c’était pas tous les jours et n’importe qui, qui pouvait se vanter d’une telle expérience.
Enfin, c’était pas le moment de penser à ça. Elle aurait pu le glisser dans la conversation, ç’aurait été un bon exemple - et un bon point pour elle - mais se vanter, c’était pas bien. C’était marqué sur son CV, par contre, et ça faisait bien…
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Narcisse Roméa
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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 3 Mar - 20:15

- C’est pas ma première fois. J’ai déjà cinq ou six ans d’expérience derrière moi, j’ai travaillé un peu partout, je sais y faire. Dites-moi juste de quoi vous souhaitez que je m’occupe et je tâcherais de ne pas vous décevoir.

MERDE. Une habituée. Bon sang, bon sang, faites que ce soit une gentille jeune fille qui se fait pas payer trop cher ! Ça y est, Narcisse était déjà prêt à serrer la ceinture, et déjà dans sa tête fusaient les idées repas pas chers. C'est bon, c'est bon, ils pouvaient le faire, avec un petit boulot à côté ça pourrait aller... Et pourquoi était-ce si dur de jeter cette petite à la rue !? Moui... Mais ça reviendrait à ignorer un mendiant, c'est tout à fait impossible ! Elle aussi devait avoir besoin d'argent, maigre comme elle était... Allez, ils pouvaient prendre sur eux ! Ils en étaient capables ! Ils l'avaient déjà fait avant de pouvoir récupérer la maison ! ... Ah, quand est-ce qu'ils sortiraient de cette crise ? Jamais, apparemment.

- Bah les filles sont plutôt consciencieuses avec leurs loges, alors... Je dirais que le gros du boulot, c'est surtout le hall et la salle. Mais bon puisque t'es là, autant en profiter pour passer un coup dans les loges, parfois elles se plaignent. Le bureau, je peux m'en occuper.

Eh ouais. L'envie de bien faire ? En tout cas, pas question de tout lui laisser, ça paraissait presque... impoli. C'est comme ça, se faire servir c'était pas trop son délire. Enfin, pas ce type de service en tout cas. Mais ! nous nous égarons. Enfin, de toutes façons le bureau c'était son domaine, comme une seconde chambre (en fait, c'était sa seule chambre, vu que son lit, c'était le canapé du salon. Appartement trop petit pour trois, que voulez-vous. Faut bien que quelqu'un se sacrifie.) En tout cas, à énumérer tout ça, ça lui paraissait une bonne idée au final. C'est vrai que ses pauvres protégées, déjà qu'avec les problèmes de chauffages elles risquent les rhumes... L'endroit n'était pas insalubre, mais bon, c'était pas du monsieur propre.

- Je connais pas trop les termes du contrat, tu m'éclaires ? Tu as ton propre matos, tu travailles qu'avec certains trucs ? Nous on a le minimum syndicale, ici.

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 3 Mar - 23:00

La patronne remua légèrement, avant de se mettre à parler, plus pour elle que pour Adeline, semblant faire un récapitulatif. La jeune femme l’écouta néanmoins avec attention, juste au cas où. Et d’ailleurs, elle faisait bien.
_ Bah les filles sont plutôt consciencieuses avec leurs loges, alors... Je dirais que le gros du boulot, c'est surtout le hall et la salle. Mais bon puisque t'es là, autant en profiter pour passer un coup dans les loges, parfois elles se plaignent. Le bureau, je peux m'en occuper.Ah ouais ? Mais alors, dans ce cas, elle était là pour quoi ? Pour faire la déco ? Ah bah, ils avaient loupé leur coup, alors, parce que niveau décoration, y avait mieux qu’elle. Surtout dans un cabaret, ce genre d’endroits étaient bourrés de jolies filles, suffisait de voir la femme plantée en face d’elle…Elle, elle était trop grande, trop maigre - sans même avoir l’excuse de pas manger à sa faim - trop laide et trop pas douée.
Trop pas tout, quoi. Elle n’était pas trop bête, mais ce n’était pas ce qu’on regardait dans ce genre d’endroits. Et elle n’avait pas de poitrine. Ça devait jouer, non, d’avoir de gros seins, là-dedans ? Les mecs devaient avoir envie d’avoir des trucs à regarder, et elle n’avait rien.
Et puis, même, elle n’allait certainement pas rejoindre ce tripot ! Elle avait encore sa fierté, et elle préférait s’user à faire des ménages que se déshabiller en public ! Non mais. Elle allait défendre son honneur - et ses vêtements - coûte que coûte. Elle était là pour le ménage ! Le ménage, et juste le ménage !
Adeline se rappela tout à coup qu’il n’avait pas été question un seul instant qu’elle rejoigne les spectacles. Qu’elle était bête, parfois ! La patronne avait elle-aussi de réfléchir, et la regarda. Vite, vite, détourner le regard ! Ne pas lui donner l’impression qu’elle la regardait de façon insistante, ne pas lui donner l’impression qu’elle la regardait tout court ! Tout plutôt que de croiser le regard de quelqu’un, c’était trop gênant.
_ Je connais pas trop les termes du contrat, tu m’éclaires ? Tu as ton propre matos, tu travailles qu’avec certains trucs ? Nous, on le minimum syndical, ici.
Oh, le contrat. Bien sûr, si elle était pas au courant, c’était normal qu’elle se renseigne. Adeline pouvait lui répondre avec plaisir, tant que rien ne la concernait elle directement, elle pouvait bien parler, ne serait-ce qu’un peu.
Et pas fort, bien entendu. Faut pas lui en demander trop, quand même !
_ Hé bien, je viens le lundi et le jeudi, je travaille de 18 à 20 heures. J’utilise ce que vous avez en général, je me fait à tout, mais s’il manque quelque chose, j’ai de quoi dans ma voiture, c’est prévu. Euh, voilà ?
Elle espérait que ça conviendrait. Des fois, elle tombait sur des gens qui n’avaient aucun produit de ménage chez eux, pas même un balai. C’était incroyable, mais c’était vrai. Ady avait vu pas mal de choses en allant chez les autres, pas toujours des trucs reluisants, mais bon, c’était les risques du métier. Et puis, même un évier bouché valait mieux qu’être confrontée à des gens.
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MessageSujet: Re: Señorita   Dim 4 Mar - 16:16

- Hé bien, je viens le lundi et le jeudi, je travaille de 18 à 20 heures. J’utilise ce que vous avez en général, je me fait à tout, mais s’il manque quelque chose, j’ai de quoi dans ma voiture, c’est prévu. Euh, voilà ?

- Tu peux pas parler plus clairement ? C'est un peu une gymnastique cérébrale pour piger ce que tu racontes, là.

Franc ? Direct ? Eh ! on ne se refait pas... Et puis bon, c'est vrai quoi, au bout d'un moment ça finit par faire mal au crâne. C'est le genre de voix énervante qu'on peut très facilement corriger, ça ! En plus avec le fait qu'elle n'arrête pas de baisser les yeux... C'est plus intéressant que ses interlocuteurs, ou quoi ?

Enfin. Au moins, quelques informations avaient transparu. Lundi, jeudi, et 20 heures. Bon ça allait. Et vu les quelques bribes de phrases, on en déduisait qu'elle utilisait ce qu'il y avait à bord, mais que fallait pas trop s’embarrasser s'il manquait quelque chose. Bien. De toutes manières, les produits ne servaient qu'à cette salle, donc au final ils changeaient juste de main. Pas de pertes, ni de rajout. Rien de plus à payer. Aussi, si elle partait à 20 heures, elle échapperait aux spectacles. Vu son caractère, ce devait pas être sa tasse de thé. Quoique, on ne sait jamais après tout...

- Bon, j'vais te montrer où on range tout ça alors, tu m'diras sur place s'il y a des trucs que tu connais pas. A 19 heures je te laisse par contre, j'ai du boulot. Faut que je m'occupe des préparatifs pour ce soir.

Notamment préparer les demoiselles, dernières répétitions, réassurance (bah ouais, le trac ça arrive à tout le monde), etc... Oh, et on avait pas fini avec les cadets. Des explications s'imposaient, notamment sur certains points économiques du contrat.

Finalement, le chemin jusqu'au cagibi ne prit pas trop de temps, sans doute parce qu'il n'était simplement pas loin du tout.

- Et voilà tous tes outils. Tu n'oublieras pas de signaler chaque fois que tu as fini un produit, histoire qu'on aille en racheter. Mais pas de gaspillage, hein. Je compte sur toi.

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MessageSujet: Re: Señorita   Dim 4 Mar - 18:23

_ Tu peux pas parler plus clairement ? C’est un peu une gymnastique cérébrale pour piger ce que tu racontes, là.
Adeline sursauta légèrement, rougit. Zut alors, décidément, elle accumulait les bourdes, ce soir. Ce serait pas étonnant que la patronne la rappelle pas, ou demande quelqu’un d’autre, vu la façon dont se déroulait l’entretien. Il allait falloir qu’elle se secoue et rectifie le tir, c’était pas bon pour son salaire à la fin du mois. Mais c’était pas sa faute à elle, si les gens étaient aussi impressionnants ! Ils n’avaient qu’à être des gens ordinaires, comme elle, et ça passerait mieux. Mais non, fallait qu’elle tombe toujours sur des gens super classes, ou intimidants, à croire qu’elle était maudite.
_ Bon, j'vais te montrer où on range tout ça alors, tu m'diras sur place s'il y a des trucs que tu connais pas. A 19 heures je te laisse par contre, j'ai du boulot. Faut que je m'occupe des préparatifs pour ce soir.
_ D’accord.
Murmure à peine audible, elle rougit davantage. Raté, c’était pas du premier coup qu’elle allait réussir à convaincre. En plus, c’était quoi, les préparatifs dont elle parlait ? Leurs…spectacles ? Elle voulait dire quoi, là, que des mecs louches allaient se pointer et qu’elle allait devoir les croiser ? Qu’elle allait aussi croiser les filles à moitié nues qui faisaient le spectacle ? Oh, Seigneur, tu es décidé à me faire passes des épreuves toutes plus difficiles les unes que les autres, hein ? Dans les livres, les héros doivent toujours passer par des épreuves insurmontables avant d’être heureux, elle espérait que ce serait son cas à elle-aussi. Qu’elle ne passe pas toute sa vie à nettoyer la saleté des autres sans jamais recevoir un seul don de la vie. Non, parce qu’elle était déjà bien gâtée avec sa mutation. Non seulement, c’était un pouvoir horrible, mais en plus, elle serait chassée comme un monstre si l’horrible Inquisition était au courant. Merci, hein. Vive la vie.
La patronne avait en attendant tourné les talons, et Adeline l’avait automatiquement suivie. Elle la conduisit à un petit cagibi, et la jeune femme jeta un coup d’œil en coin pour bien vérifier que la porte était pas totalement fermée. Elle avait beau ne pas être claustrophobe, être enfermée dans un endroit pas bien grand n’était pas son rêve du moment. Son rêve tout court, en fait. Elle était capable de faire une crise d’asthme si elle était enfermée, et pourtant, elle était pas asthmatique…
La patronne désigna de la main tout un tas de balais, seaux et les autres trucs divers et variés dont on se servait habituellement pour faire le ménage, voire une bataille à la Star Wars quand on était deux, qu’on avait des balais sous la main et qu’on avait du temps à perdre. C’était rigolo.
_ Et voilà tous tes outils, déclara-t-elle. Tu n'oublieras pas de signaler chaque fois que tu as fini un produit, histoire qu'on aille en racheter. Mais pas de gaspillage, hein. Je compte sur toi.
Bon, le premier essai avait été loupé, c’était pas le moment de se ramasser une nouvelle fois, la patronne allait pas apprécier si elle continuait à parler tout bas. Manquerait plus que ça, qu’elle se fasse virer parce qu’elle parler pas assez clairement. Cette femme était bizarre quand même, en général, ça dérangeait pas les gens qu’elle ne soit pas causante, bien au contraire. Y avait même un type, qui avait dit d’elle, une fois, qu’elle était la femme idéale : douée pour le ménage et muette, tout ce qu‘on attendait d‘une nana. Pour une fois, Adeline avait bien eu envie de faire ravaler ces paroles à ce coq macho et prétentieux en lui abattant son balai sur la gueule. C’était pourtant très rare qu’elle s’énerve, et encore plus qu’elle veuille faire du mal à quelqu’un…
Bon, cessez de penser à ce genre d’abruti, se composer un semblant de sourire et parler. Fort.
_ Ne vous inquiétez pas pour ça.
Ady écarquilla les yeux : ah, ben, c’était pas gagné, depuis quand sa voix partait dans les aigus comme ça ? C’était une première, et elle se serait bien passée de cette nouveauté. Ça n’allait pas l’arranger, elle sentait ses joues la cuire de manière pas très agréable.
Pour se donner une contenance, et histoire de faire comme si de rien n’était, Adeline se pencha pour attraper un seau et un balai. Oui, sauver les apparences, elle pouvait au moins arriver à faire ça, non ?
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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 10 Mar - 20:26

- Ne vous inquiétez pas pour ça.

L'invitée devint tout rouge. Eh bah, ça allait pas arranger les affaires ça... Y'a rien de plus dur à comprendre qu'une timide. Et ils ne s'en rendent même pas compte. Franchement, à stresser pour rien comme ça ils foutent la pression... Pof, mauvaise conscience à chaque problème, sans même savoir ce que l'on a fait de mal. Insupportable. Et puis sans parler de cette peur panique... Vas-y, quoi, est-ce que son patron lui déplaisait ? Autant le dire en face !

- Tu peux commencer dans le hall.

Et de retour sur leurs pas, la demoiselle se mit illico au boulot, sous le regard appuyé de l'employeur. Eh quoi, d'accord si elle s'en rendait compte ça risquait de la stresser davantage. Mais bon, en l'état actuel des choses, rien ne préfigurait de briser la glace... En effet, la demoiselle tourna un regard discret en sa direction, avant de se retourner, rouge. Un moment. Cela donnait une idée à Narcisse... Le genre d'idée par forcément bien réfléchie. Le genre de défi qui vous passe par la tête, quand votre moralité est endormie.

- Pschu, la clim est vraiment trop forte, tu trouves pas ? Tu le dis si t'as chaud, hein ?

Et hop, le chemisier passa par dessus la tête, révélant un soutien-gorge de dentelle blanche. Ça arrivait souvent à Narcisse de se balader à la maison à moitié à poil. Ses frères aussi étaient habitués à force. Alors bon, la demoiselle aussi, il allait falloir l'habituer, puisqu'elle était prévue pour rester.

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MessageSujet: Re: Señorita   Dim 11 Mar - 22:04

_ Tu peux commencer dans le hall.
Ouf, apparemment, la patronne n’avait rien remarqué de sa voix trop aigue : c’était une chance. Enfin, la roue tournait un tant soit peu, il était temps quand même. Parce que la poisse, ça va un moment, mais à force, ça devient pesant.
Sans attendre davantage, Adeline rassembla ce dont elle aurait besoin pour nettoyer et s’empressa d’aller dans ledit hall, pour se mettre au travail. Elle était timide, bête, ignare, pas douée, attardée, tout ce qu’on voulait, mais elle n’était pas fainéante. Elle allait le prouver, la femme du cabaret allait être impressionnée par son travail !
Maniant son balai avec la force de l’habitude, se retenant de faire des bruitages venant d’un film de science-fiction ultra-connu - on l’observait et jouer au Jedi n’allait pas aider à la faire passer pour une fille sensée et intelligente - Ady entreprit de nettoyer à fond son lieu de travail.
La patronne l’observait toujours, concentrée sur le moindre de ses mouvements. La jeune femme lui jeta un coup d’œil discret, croisa son regard et rougit. Elle n’avait pas besoin d’être espionnée, elle faisait très bien son travail ! Et elle était honnête, elle n’allait rien voler. Cette femme ne pouvait-elle pas partir ? Elle avait du boulot elle-aussi, sûrement. Qu’elle parte, qu’elle cesse de l’observer ! Ady était toujours crispée quand elle se savait observée, cela rendait ses mouvements fébriles. Elle allait faire tomber quelque chose, marcher où il ne fallait pas, s’assommer avec son balai, ça n’allait pas tarder.
_ Pfou…lâcha tout à coup la femme.
Ady lui jeta un nouveau coup d’œil discret.
_ La clim est vraiment trop forte, tu trouves pas ?
Ah ? Elle lui parlait, là ? Ady cessa de balayer, se tournant à demi vers la cliente de sa société. Qu’était-elle censée répondre ? Oui, elle avait un peu chaud, mais elle portait un sweat aussi. Si elle avait vraiment trop chaud, il lui suffirait de l’enlever. Mais la jolie patronne poursuivait :
_ Tu le dis si t’as chaud, hein ?
Et comme si de rien n’était, elle ôta son chemisier, dévoilant sa poitrine - certes avec un soutien-gorge mais quand même - à la vue de tous. Oh, oh, oh ! Hoqueta Ady en son for intérieur, se sentant rougir. On était dans le hall, là, pas sur scène. Elle ne se sentait pas gênée de faire une chose pareille, à la vue de tous ? Ok, sur scène, tout le monde la voyait, mais c’était des gens qui payaient pour ça. N’importe qui pouvait passer dans la rue et la voir, des enfants principalement. Elle n’avait aucune honte, aucune pudeur ou quoi ? Elle devait peut-être fermer le volant roulant de la porte, histoire de préserver l’innocence des gosses ?
Mon Dieu, mais qu’était-elle censée faire ? C’était quand même pas tous les jours qu’une nana se déshabillait comme ça devant elle. Elle n’avait d’ailleurs encore jamais vu personne d’autre qu’elle-même toute nue. Oh, pourvu que les choses n’aillent pas aussi loin…
L’esprit en surchauffe, Ady se remit à balayer sans conviction, en essayant de ne pas regarder l’autre femme.

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MessageSujet: Re: Señorita   Mar 13 Mar - 20:59

Narcisse eut un petit rire en son for intérieur. Rouge & raidie, la demoiselle de ménage faisait semblant de rien, mais elle jouait mal la comédie. Ah là là, l'innocence de certaines... En fait, en tant que le petit garçon pour qui cela formait son quotidien depuis toujours, il aurait presque pu en être jaloux. C'était toujours un peu intriguant, ces gens qui arrivent à vivre aussi différemment... Enfin remarque, ils étaient tous rejetés de la société, et c'est ces gens-là qui étaient dit "vivre bien". Enfin... En tout cas, cette petite mademoiselle présentait son avantage. C'était toujours intéressant de rencontrer des gens différent... Et de les taquiner, surtout. Oh oui... Elle tendait la perche, là, la demoiselle.

- Tu ne réponds pas ? Si ce n'est qu'une affaire de timidité, faut pas que tu laisse ça t'empêcher de demander ce que tu veux, hein.

Se rapprochant sournoisement de la demoiselle, ses bras vinrent la saisir au niveau des épaules, fermement.

- Ici, c'est pas nous qui viendrions de juger pour ce genre de choses !

Eh oui. Fallait la faire au métier, la gamine. Si elle comptait rester, fallait qu'elle se décoince un peu. Les timides croient toujours passer inaperçu. Mais il n'y a rien de pire qu'un timide pour te faire douter de toi-même. Ce regard, comme si ce genre de pratique était mal, dégoûtant... C'était ridiculement frustrant et vexant pour eux ! Et elle, si elle croyait être respectueuse en faisant ça... Eh bah non. Autant mettre les choses au clair. Sans s’énerver. Et puis, si ça se trouve, la blondinette allait aimer ça. Ça arrive, ce genre de "révélation". Une fois que ce cap est franchi, plus jamais aucun problème de manque de confiance en soi.

Ouais, enfin ça c'est du point de vue de Narcisse. C'est à dire : "Comment ? Ça peut choquer vraiment les gens ? N'importe quoi !"

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 14 Avr - 21:34

_ Tu ne réponds pas ? Si ce n’est qu’une affaire de timidité, faut pas que tu laisses ça t’empêcher de demander ce que tu veux, hein.
C’est qu’elle insistait en plus. C’était quoi, cet énorme sous-entendu, à peine voilée. Ady n’était pas intéressée par les femmes. Elle n’était pas non plus intéressée par les hommes. Les mauvaises langues pourraient en conclure des choses bien peu flatteuses pour la jeune femme, mais elle était juste bien trop naïve pour songer à avoir une relation amoureuse. Elle avait déjà du mal à se faire des amis - elle n’en avait d’ailleurs pas - alors, un petit ami, ou une…Non, elle n’y avait jamais réfléchi.
Pourtant, dans les histoires qu’elle adorait, les héros tombaient toujours amoureux de filles magnifiques, de princesses à sauver, concluaient souvent. Ce n’était pas ce qui la frappait le plus dans ces films ou romans. Elle aimait plutôt le côté aventureux, le héros qui se recherche dans une quête épique, pleine de dangers. Oui, c’était une belle vie, elle aurait bien aimé être une héroïne, combattre le mal, résister à la tentation, ne pas succomber du côté obscur…
_ Nyah ? !
Le couinement étranglé franchit les lèvres d’Ady sans qu’elle puisse le retenir quand elle sentit deux mains la saisir par les épaules. Totalement sous le choc et terrorisée - sans la moindre raison - elle en lâcha son balai qui chuta au sol dans un bruit qui lui parut assourdissant.
_ Ici, c’est pas nous qui viendrions juger pour ce genre de choses, susurra la femme à son oreille.
Juger, mais qui parlait de juger ? Ok, elle n’aimait pas cet endroit, elle trouvait ça dégradant, mais à dire vrai, elle avait plus peur du regard des hommes qui étaient clients du cabaret que des danseuses. Et encore, un regard noir de la part de ces filles et elle battrait de toute façon en retraite. Elle n’aimait pas se déshabiller elle, c’était tout. Et ça la gênait de voir des gens nus. En fait, même des gens qui montraient juste leur nombril la mettait mal à l’aise. Et pourtant, elle savait qu’il n’y avait vraiment rien de choquant à montrer son ventre. Elle n’en était juste pas capable, c’était tout.
Enfin, là, elle était dans une drôle de situation. Que faire ? S’écarter gentiment et faire comme si de rien n’était ? Repousser sa patronne et posait des conditions claires, c’est-à-dire la laisser faire son boulot en paix ? Ou alors, s’échapper par la grande porte du cabaret qui lui tendait les bras? Foncer dans sa voiture et filer de cet endroit sans demander son reste ?
Non, trop simple.
_ Non, je basculerais pas du côté obscur de la force !
Comme un petit animal effarouché qui se débat pour se cacher, incapable dans l’instant de raisonner clairement, Adeline se dégagea des mains de la jeune femme et se précipita vers le réduit qui servait aux produits ménagers. Elle claqua la porte et la bloqua de son mieux avec un balai qui traînait, avant de s’affaisser contre le mut et de se laisser glisser au sol, la respiration hachée.
C’est seulement seule et dans le noir qu’elle commença à réfléchir à sa situation. Qu’avait-elle fait ? Qu’avait-elle dit ? Qu’est-ce qu’elle avait dit, déjà ? Elle n’avait pas parlé du côté obscur de la force, hein ? ! Non, elle n’avait certainement pas pu faire ça, elle l’avait pensé mais elle n’aurait pas dit une telle bêtise. Non, ce n’était pas possible.
Oui, là, elle était dans la panade. La merde, totale. En plus, sa bêtise n’avait décidément aucune limite : au lieu de s’en aller, elle s’était enfermée dans un placard, avec sa patronne qui devait certainement l’attendre de l’autre côté. Elle allait se faire taper sur les doigts, au mieux. Au pire, l’hôpital psychiatrique était déjà en route. Elle ne voulait pas être enfermée !
Ady éclata en sanglots, totalement dépassée. Mais comment en était-elle arrivée là ?

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MessageSujet: Re: Señorita   Jeu 10 Mai - 15:13

- Non, je basculerais pas du côté obscur de la force !

Un silence s'installa. Enfin, silence, façons de parler ! A courir comme une dératée, le seul bruit de pas de la blondinette aurait pu faire trembler les murs. Bon, d'accord les murs étaient déjà fissurés de partout, ils auraient pu s'effondrer pour une toile d'araignée un peu trop tendue.

Narcisse aurait dû se sentir mal. C'était ce qu'aurait ressenti tout auteur sensé dont la blague serait allée trop loin. S'excuser, aller rassurer l'autre...

Mais non. Narcisse le porte bien, son prénom. Et c'est le rire qui vint se placer en première réaction. Un éclat de rire. Certes, Bergson disait du rire qu'il avait toujours vocation de rabaissement et de moquerie, même quand ce n'était pas clairement voulu, mais que voulez-vous ! C'était Ady elle-même qui s'était donnée en spectacle. Ce n'était pas pour la blesser que son patron riait, c'était simplement parce que sa réaction était inattendue. Et l’inattendu produit toujours le rire, car quelle réaction pourrait-on avoir ? Autant sélectionner celle qui vous fait passer un bon moment.

Enfin bon. C'est pas tout ça, mais il fallait bien se bouger un peu. Un fou rire, ça passe, m'enfin en attendant il lui restait une gamine à qui retirer la corde pour se pendre. Non parce que pousser les jeunes au suicide, c'est pas non plus conseillé comme publicité. S’approchant de la porte donc plus un son ne sortait, le patron des lieux frappa à la porte et, par habitude, appuya sur la poignée sans même attendre de réponse. Tiens, elle a coincé la porte...

- Señorita ? Pardonne-moi d'avoir rit tout à l'heure, mais y'a pas à dire, tu es formidable en fait !


Un nouvel éclat de rire, sans se forcer, à l'évocation de la dernière scène. De l'autre côté, on entendait sangloter la demoiselle, ce n'était pas bien galant de rire dans ses conditions, mais se mettre à pleurer par compassion était pour Narcisse un acte d'hypocrisie. SI les larmes ne montent pas aux yeux, on ne va pas les y forcer.

- Je pense qu'on peut considérer que tu t'es suffisamment donnée en spectacle, ne t'inquiète plus de rien je vais te laisser retourner à ton petit boulot...


Puis plus bas, et plus sérieusement, face au manque de réponse de l'autre côté de la porte.

- Si tu veux toujours, bien sûr.


Et sans attendre, pour rassurer son employée qui ne le serait peut-être plus bientôt, quelques billets vinrent se glisser sous la porte. Eh quoi, le coup de garder son argent dans son soutien-gorge, c'est pas nouveau, et ça fait toujours un petit détail cocasse pour attirer le regard. En plus ici, si on vient les lui piquer, le massage vaut bien les quelques euros.

Enfin, ce n'était que l'anecdote rigolote, il n'y avait aucun sous-entendu du genre à les donner à Ady, ici. C'était simplement sa paye. Si elle partait sans avoir fait son boulot, ce n'était pas vraiment de sa faute, alors elle ne méritait pas d'être privée de l'argent qu'elle était venue chercher.

- C'est pour toi, pour m'excuser et pour te remercier de ta petite scène de tout à l'heure. Tu as égayé ma journée !


Pff, Narcisse, et si tu arrêtais de remuer le couteau dans la plaie, même involontairement ?

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 25 Aoû - 1:04

Au fond, même ses plus violents sanglots ne parvenaient pas à atteindre un volume sonore suffisant. Adeline s’en rendit compte quand la voix de la patronne s’éleva de derrière la porte. Quelques mots qui se voulaient sûrement rassurants, un petit éclat de rire. La jeune femme écouta sa patronne lui parler en retenant son souffle. Peut-être que si elle lui laissait penser qu’elle était morte, elle s’en irait ? Ou du moins, elle appellerait les secours et Ady pourrait filer le temps du coup de téléphone. Elle appellerait les secours, hein, si elle n’ouvrait pas ? Tout le monde devrait le faire dans des situations comme celle-ci. Ady chercha des yeux un moyen de se suicider. S’il y en avait un, la patronne devait le savoir, c’était son local après tout. S’il y avait un moyen de se suicider ici, elle le saurait et s’inquièterait. D’ici une heure ou deux, peut-être plus, peut-être moins, elle irait appeler la police, les pompiers, le SAMU, peu importait, mais Ady serait libre.
Et possiblement nouvelle chômeuse.
Cependant, Adeline devait s’avouer déçue du manque de choix pour le suicide dans ce réduit. Il y avait bien l’anse d’un seau, qu’elle pouvait éventuellement se plonger dans le cœur - à condition qu’elle y arrive, elle serait sûrement capable de louper son suicide - , quelques produits de ménage qu’elle pouvait avaler pour s’intoxiquer…Bah, ça suffisait pour s’inquiéter, non ?
Adeline n’avait jamais essayé de se suicider, et l’idée ne lui était jamais venue sérieusement à l’esprit, elle n’était pas dépressive à ce point. Mais son apparence allait un peu contre elle, elle le savait, des gens lui avaient parfois demandé si tout allait bien pour elle, si elle ne souhaitait pas parler à quelqu’un. Alors qui sait, cette femme penserait peut-être qu’elle voudrait se suicider elle-aussi, surtout que la scène qui venait de se dérouler était bien une situation qui mènerait à ce genre d’idées.
Il suffirait d’un petit instant d’inattention, et Ady se ferait la malle. Il suffisait d’attendre. Elle s’avança le plus doucement possible vers la porte et y colla son oreille, espérant entendre des bruits de pas qui s’éloignait. La marge de manœuvre allait être serrée, mais elle pouvait courir vite quand elle le voulait.
Oui, juste un petit bruit de pas…
Mais le destin était décidément joueur ce soir-là. Il y eut bien un bruit, qui venait de la porte, comme elle s’y attendait, mais pas celui auquel la jeune femme aurait jamais pensé.
Elle retint un hoquet étranglé quand elle vit quelques billets apparaître comme par magie dans l‘espace situé entre le sol et la porte.
Hallucinée, elle prit les billets dans son poing et serra si fort qu’elle en eut presque mal. Le sang lui monta d’un coup à la tête, et d’un coup de pied, elle délogea le balai qui bloquait la porte pour l’ouvrir en grand. La patronne attendait derrière, l’air plus curieuse qu’inquiète. Sourcils froncés, visage assombri, Ady se rua sur elle et lui jeta les billets au visage. Tant pis si la patronne le prenait mal, de toute façon, au point où elle en était, une connerie de plus ou de moins n’allait pas changer grand-chose.
_ Je n’en veux pas. Je ne suis pas comme ça !
Comme ça, quoi ? Adeline n’en savait trop rien, mais elle se sentait horriblement vexée qu’on puisse penser d’elle qu’elle sortirait de son trou pour des sous. Bon, objectivement, elle l’avait fait, mais c’était uniquement pour prouver au monde entier qu’elle était honnête.
Enfin, peut-être pas au monde entier, mais à cette nana trop belle et trop orgueilleuse qui devait apprendre la vie. On ne gagnait pas tout avec quelques billets glissés sous une table !
_ Maintenant ! S’exclama - doucement - Adeline. Maintenant, je vais faire mon travail d’aujourd’hui ! Je vais le faire parce que je veux pas qu’on pense que je suis une fainéante et que je veux pas aggraver le cas de ma société ! Alors, je vais travailler ! Mais je reviendrais plus ! Maintenant, allez-vous en ! Je veux travailler toute seule !
Sa voix était montée dans des aigus terriblement haut pendant sa petite tirade. Un peu essoufflée, Ady darda un regard qu’elle espérait méchant sur sa patronne, en espérant qu’elle ait retenu le message. Ça ne lui prenait pas souvent, de s’énerver comme ça, et elle se sentait horriblement mal de s’opposer de cette manière, mais le coup des billets l’avait vraiment fait sortir de ses gongs.
Oui, ça lui arrivait à elle aussi, de se mettre en colère. Une fois toutes les années bissextiles, à peu près, mais ça lui arrivait.

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 25 Aoû - 14:48

- Je ne suis pas comme ça !

De quoi ? Pensait-elle qu'elle était en train de se faire acheter ? Décidément, il y avait un grain chez cette fille. Enfin, Narcisse n'avait certainement pas le droit de juger la folie des autres, et après tout si ça lui convenait d'être comme ça... Parfois, il valait mieux ne pas s'en mêler, tout simplement.

- Maintenant, allez-vous en ! Je veux travailler toute seule !
- Bon, eh bien puisque tu veux travailler gratos, ça te regarde après tout...


Et d'un geste, Narcisse remit les billets à leur place tout en gardant le sourire. Peut-être était-ce une erreur. Peut-être Ady voulait cet argent. Et bien tant pis, il fallait savoir qu'on ne pouvait pas toujours réparer entièrement ses erreurs, à part en prenant le risque de se mouiller un peu. Pour Ady, il aurait suffit de s'excuser, mais c'était déjà beaucoup pour elle. Si la demoiselle n'était pas prête à se bouger un peu le popotin, au final elle n'avait rien à faire ici.

C'était triste, c'est vrai, peut-être méchant, de la part de Narcisse. Mais dans la vie, il y a des gens pour qui on ne peut rien faire, et il vaut mieux parfois ne rien faire plutôt que forcer. Un jour elle trouverait bien quelqu'un de plus disposé à l'aider. De toutes manières, elle ne voulait pas travailler là. Et la bâtisse avait déjà beaucoup de problèmes, Benjamin avait eu tort de vouloir engager une aide ménagère, un point c'est tout. On ne pouvait qu'espérer qu'Ady s'en sorte de son côté.

Sans perdre son sourire -pas question de perdre la face et de se laisser déstabiliser- Narcisse tourna les talons, l'esprit commençant déjà à organiser sa journée de travail qui commençait.

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MessageSujet: Re: Señorita   Sam 25 Aoû - 18:56

Gratos ? Ady ne travaillerait pas gratos de toute façon, son responsable la paierait pour les heures qu’elle avait passé ici. Il avait intérêt de toute façon, Ady calculait toujours ses heures avec soin. Elle n’avait pas envie d’être arnaquée, à l’époque où on vivait, un sou était un sou et en perdre était une catastrophe. C’était déjà trop dur de finir les mois avec son petit salaire, pas question de se faire arnaquer.
La patronne avait un drôle de sourire aux lèvres et tourna las talons sans rien ajouter. Ady recula à petits pas, sans la quitter des yeux, en jetant de fréquents coup d’œil derrière elle. Elle se dirigeait tout droit vers son balai, qu’elle ramassa sans quitter des yeux la patronne. Tout en vérifiant qu’elle était bien seule, elle commença son ménage, en y mettant du cœur histoire d’avoir fini le plus vite possible.
Elle devait bien avouer que le boulot n’était pas déplaisant, la maison, bien que délabrée, n’était pas trop sale. Oh, bien sûr, elle ramassa une énorme pelletée de poussière rien que dans le hall, mais avec les passages, c‘était tout à fait normal.
Ady leva son balai pour chasser les toiles d’araignées dans les coins et constata avec surprise que les murs était zébrés de fissures en tout genre. Curieuse, elle poussa l’exploration plus avant et put constater que la bâtisse était dans un état de délabrement avancé.
Comment était-ce possible ? Se demanda la jeune femme. Ils n’avaient pas les moyens de faire des travaux de rénovation ou quoi ? C’était bizarre pour un établissement de cette trempe, elle aurait été persuadée que ça marchait du tonnerre.
Enfin, peut-être que les temps étaient durs pour tout le monde, pas seulement pour les petites femmes de ménage comme elle. Au fond, ça ne l’étonnait pas, elle entendait parler des pressions que l’Eglise exerçaient sur à peu près tout le monde. Et quand elle y réfléchissait, les boites de strip-tease, ça devait pas beaucoup lui plaire, à l’Eglise…
Ady acheva le hall et ouvrit quelques portes à la recherche de la salle de spectacle dont la patronne lui avait parlé, qu’elle était censée faire. Elle ne pouvait pas la manquer, songea-t-elle en entrant, la scène qui y trônait était limpide quand à son utilisation.
Tiens, la patronne était là, constata la jeune femme en s’arrêtant net. Elle était assise à l’une des tables, occupée à elle ne savait pas trop quoi, elle n’y voyait pas grand-chose de là où elle était.
Tiens, au fait, c’était peut-être l’occasion d’aller s’excuser pour sa pathétique comédie de tout à l’heure, non ? Ady s’avança à petits pas vers la patronne, les yeux baissés et les mains fermement serrées sur son balai.
_ Euh…je voulais vous dire…commença-t-elle dans un murmure.
Elle se mordit la lèvre inférieure et se dandina avec gêne, cherchant ses mots. Demander pardon n’était jamais facile, même pour une personne aussi prompte à s’excuser qu’Adeline.
_ Je suis désolée…murmura-t-elle. Pour les billets…j’aurais pas dû…les lancer comme ça…et, je…
Elle s’interromprait dans un balbutiement inaudible et baissa davantage les yeux, rouge comme une pivoine.

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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 7 Sep - 17:58

- Aaah, trop mignonne !

Une voix de jeune fille, probablement fraîchement bachelière, dû surprendre Ady par derrière. Une demoiselle de petite taille, toute en rondeurs et en sous-vêtements, passa ses bras autour d'elle en une étreinte amicale, quoique très chaleureuse.

- Ça fait du bien de croiser une nouvelle ! C'est ta première fois ? Ou tu as déjà bossé quelque part ? Ne t'en fais pas, moi c'est ma première année, tu peux pas être plus nulle que moi ! Comment tu t'appelles ? Tu as quel âge ? Est-ce que tu préfère...

Elle n'eut pas le temps de continuer que son patron la chopa par les épaules pour les séparer et éviter de perdre une nouvelle fois sa femme de ménage.

- Allons Jeanne, attends un peu avant de partir dans tes délires. Ce n'est pas une nouvelle danseuse, c'est la bonne. Et je t'ai déjà dit cent fois de ne pas te promener presque nue comme ça, en dehors des heures de spectacle. On ne vient pas ici pour jouer les nudistes.

- Mais, tu m'as dit que tu le faisais toi des fois !

- Quand il n'y a personne... C'est chez moi, au rappel.

Abandonnant vite cette part de la conversation, sachant que de toutes façons Narcisse était dans sa demeure et aurait toujours raison sur ses employés, la blondinette se tourna finalement vers Ady, l'air visiblement déçue de la nouvelle précédente. Elle la saisit par les épaules pour bien la regarder yeux dans les yeux et reprit un florilège de questions.

- Juste la bonne, alors ? Dis, dis, tu es sûre de ne pas vouloir être danseuse ? Tu es super jolie, et puis y'a un bon salaire, meilleur que celui d'être bonne en tout cas ! Moi ça peut payer super bien mes études de médecine ! Il nous manque une danseuse pour une nouvelle choré trop trop bien en plus, allez...

- Jeanne ! Laisse-la tranquille, tu la déranges !

Le ton de Narcisse était plus tranchant qu'à l'origine. Peut-être que sa vision du comportement d'Ady s'était enfin éclairée ? Dans tous les cas, c'était chose sûre : la jeune fille n'était pas du même monde qu'eux. Et il était temps d'arrêter de la forcer.

- Pardon, elle est encore jeune et un peu capricieuse, mais elle ne pensait pas à mal. Allez, va t'habiller, maintenant

Et tandis que la demoiselle en sous-vêtements retournait chercher des affaires plus correctes, à savoir un simple jogging et un débardeur (eh oui, les costumes c'est cher et fragile, c'est que les jours de spectacle), Narcisse se senti obligé d'y aller de son commentaire.

- On doit régler son solo de demain, aujourd'hui. Elle est mignonne mais un peu dissipée, comme tu as pu le remarquer. Oh, ne t'en fais pas pour les billets, c'est toi qui voit.

Eh non, il ne lui donnera pas tant qu'elle ne trouvera pas le courage de réclamer. C'est comme ça.

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MessageSujet: Re: Señorita   Ven 7 Sep - 20:17

Une voix pétillante interrompit les excuses pathétiques de la pauvre Ady, alors que la patronne s’était tout juste tournée vers elle pour lui répondre. Non, le Destin n’avait pas l’intention de laisser la jeune femme tranquille. Une fille aussi maladroite et timide, n’est-ce pas génial ? Il pouvait lui faire tout un tas de tours à l’envers, elle trouverait toujours un moyen de se ridiculiser davantage. Oui, merveilleux n’est-ce pas ?
Ady fut d’un seul coup empoignée par les épaules - une fois de plus - et tournée sans douceur vers une toute jeune adolescente très jolie et surtout très nue.
Non, pas tout à fait nue, elle avait encore ses sous-vêtements, de quoi cacher ce qu’il y avait à cacher. Elle commença à babiller sur son enthousiasme qu’il y ait enfin une nouvelle, avant d’enchaîner sur tout un florilège de question qu’Ady oubliait au fur et à mesure. La pauvre fille se demandait ce qu’il lui tombait une nouvelle fois dessus. Des boulots spéciaux, elle avait connu, mais là, ça dépassait tout. Qu’est-ce qu’elle racontait au fait, la demoiselle en sous-vêtements au fait ? Faudrait peut-être l’écouter ?
La patronne intervint tout à coup en les séparant et sermonna la jeune fille. Ady ne l’écouta pas, réalisant brusquement que cette nouvelle venue l’avait prise pour une collègue. Quoi ? ! Elle n’était pas une strip-teaseuse ! Elle n’avait pas de tout le physique de l’emploi, fallait pas déconner ! Une grande gigasse trop maigre ferait tâche si toutes les filles étaient jolies comme les deux sculptures en face d’elle. Et puis, elle ne voulait pas se déshabiller !
S’ensuivit un débat entre la patronne et sa danseuse, qui discutaillait sur le fait d’avoir ou non le droit de se balader à poil dans les couloirs. Maison de fous ! Songea Ady, terrorisée.
La danseuse lâcha un « peuh » dédaigneux avant de se tourner vers la femme de ménage, qui ne cacha pas son mouvement de recul. Cependant, la jeune fille déterminée l’attrapa une nouvelle fois par les épaules - caractéristique de la maison ? - et planta son regard encore innocent dans le sien. Ady ne put bien entendu pas le soutenir.
_ Juste la bonne, alors ? Lança-t-elle, l’air perplexe.
Et aussitôt, elle se lança dans un long monologue pour expliquer à Adeline tous les avantages du métier de strip-teaseuse. Elle faisait des études de médecine ? Mais avec une verve pareille, elle devrait plutôt faire du droit ! Elle ferait une parfaite avocate !
Ady chercha des yeux un moyen, fut-il désespéré, d’échapper à l’étudiante.
_ Jeanne ! Laisse-la tranquille, tu déranges !
Ouf ! Une fois de plus, la patronne venait à la rescousse. Ady en profita pour s’échapper quand elle fit une nouvelle fois la morale à sa danseuse et la renvoya mettre des vêtements décents. Ady prenait de longues inspirations : elle avait très chaud, tout à coup, et sa vision se troublait. Allons bon, que se passait-il ? Le choc avait-il été trop grand ? Tant de coups au cœur dans la même heure, c’était peut-être trop pour Ady, qui n’avait finalement jamais été de forte constitution.
_ Euh…wah…bafouilla-t-elle. Ça…tourne…
Adeline recula, au bord de l’implosion, trébucha sur son jean trop grand et tomba en arrière. Une chaise serviable se dressa sur son chemin pour la rattraper et elle s’y cogna bien entendu la tête. Ady n’avait jamais su saisir les aides qu’on lui proposait, fut-ce celle d’une simple chaise.
Trou noir.

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